La broderie Cornely

La broderie Cornely tient son nom de la machine sur laquelle elle est créée. Cette merveille de mécanique a vu le jour au XIXème siècle dans le but initial d’imiter le point de Beauvais (la chaînette).

Antoine Bonnaz (1836-1915) s’inspira du « couso-brodeur » inventé en 1848 par Barthélémy Thimonier (1793-1857) pour créer en 1863 une machine à broder. Elle a été perfectionnée en 1865 par Emile Cornely (1824-1913), fabricant français et auteur de plusieurs brevets en ce sens. Il y a ajouté des accessoires destinés à produire toute une série d’effets, tous plus variés et raffinés.

Broderie machine guidée main

La Cornely a révolutionné la broderie en permettant une grande liberté dans la création des motifs, sur tous types de fils et de tissus (même la soie, pourtant très légère et fragile). Sur le tissu, les brodeuses peuvent d’ailleurs piquer toutes sortes de matières : des cordelettes, des galons, des paillettes…mais aussi de la ficelle, du satin, de la laine ou des rubans. La haute-couture et le prêt-à-porter de luxe s’en sont rapidement emparés pour créer des vêtements raffinés et élégants en brodant notamment de la dentelle et des tulles. Les plus grands architectes décorateurs ont également adopté la Cornely dans le secteur de l’ameublement et de la décoration.

Cette machine demeure une machine « guidée main » puisqu’elle n’est pas automatique. La brodeuse dirige sa machine en fonction du graphisme de broderie à réaliser. Broder à la Cornely demande un réel savoir-faire. Sous la machine, une poignée permet de broder des courbes et des arabesques mais aussi des lignes droites ce qui est encore plus délicat. Lorsque le tissu à broder est léger, les brodeuses ajoutent juste en dessous une toile spéciale afin de le renforcer. Elle peut aussi servir de support unique à la broderie. Lorsque tous les motifs sont brodés, cette toile est alors détruite au fer chaud. Il ne reste plus que le tissu brodé ou la broderie seule.